Kent
admin | 14 01 2007
Quand et comment avez-vous décidé de devenir musicien?
Quand j’avais 14 ans, j’ai acheté mes premiers disques (Creedence Clearwater Revival, The Who et Johnny Hallyday, notre “rockstar” française). En les écoutant, je me suis dit “Et pourquoi pas moi?”. J’ai acheté la guitare la moins chère que j’ai pu trouver et j’ai commencé à jouer.
Quels musiciens ou artistes ont beaucoup compté dans votre vie?
Beaucoup. Ca dépend des périodes, mais Gainsbourg, Dr Feelgood, Jacques Dutronc, David Bowie, Jacques Brel… ont été très importants. Et aussi Boris Vian, René Char ou Antonin Artaud, The Last Poets, les musiques africaines et arabes… Parfois, c’est plus une influence qui me touche dans ma façon d’être en tant qu’artiste qu’une influence musicale.
Quels sont les aspects positifs et négatifs quand on est musicien en France?
L’aspect positif est que nous avons eu par le passé un style musical absolument unique, avec plein de possibilités, et en même temps assez simple. C’est dans nos gênes, comme le flamenco pour les Espagnols.
L’aspect négatif est que nous vivons avec ce passé au lieu d’essayer de le moderniser. On préfère imiter les artistes du Top ten international parce que ça semble plus attirant que ses propres racines. Les musiciens africains sont plus ouverts que nous en ce qui concerne leur culture.
Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais?
Une image blanche, le calme et la discrétion comme un soleil qui brille sur la glace.
Quelle image avez-vous de la musique finlandaise?
Je pense que vous avez le même genre de musique que nous à la radio! C’est difficile d’écouter des artistes finlandais en France. Je connais seulement deux noms : Heikki Sarmanto et The Poppoo. Je les ai vus sur scène à Paris. Les deux concerts étaient très bons. Avec Heikki, nous devions écrire des chansons ensemble mais nous n’avons pas trouvé le temps. Alors, on a laissé tomber.
Comment pourriez-vous définir votre musique?
J’écris des chansons, on pourrait dire que c’est “La chanson française d’aujourd’hui”. Les paroles sont très importantes pour mon public et pour moi, mais je fais également très attention à ma musique. J’espère que mes chansons attirent aussi les personnes étrangères. Un peu comme les musiques américaines ou hongroises pour moi! Même si je ne comprends pas les paroles.
Avez-vous envisagé de changer radicalement de style musical?
Je l’ai déjà fait. En 1977, j’étais dans un groupe qui s’appelait Starshooter et nous faisions du punk! La route est longue entre hier et aujourd’hui. Parfois je fais des expériences musicales. En 1998, j’ai fait un album qui s’appelle “metropolitan” et qui est plutôt “chanson électronique”. Un an plus tard, j’étais sur scène avec Enzo Enzo, une chanteuse française, pour faire un spectacle musical avec des claquettes et de la danse… Maintenant, quand je compose et écris un nouvel album, je choisis plutôt une humeur qu’un style musical. C’est une question d’arrangements. Je ne sais pas dans quelle direction je vais aller plus tard. Ca dépend des rencontres, des voyages, de tout et de n’importe quoi…
De quoi parlent vos chansons?
Depuis des années je n’essaie plus de raconter des histoires. Je commence à écrire et je découvre au cours de l’écriture de la chanson ce qui sort de ma tête. A la fin, ça peut être une histoire ou juste un sentiment ou encore quelque chose d’autre. Je suis mon premier lecteur. J’aime bien construire des petits ponts poétiques entre les problèmes de tous les jours et des thèmes philosophiques.
Quelles est votre chanson préférée dans votre répertoire?
Aujourd’hui à 17h15, “A quoi rêvons-nous?”, parce que quand je la chante, je rêve. Les mots sont tout simplement des sentiments. Sur scène, on peut facilement improviser musicalement et parfois la chanson dure 20 minutes!
Vous faites souvent des tournées? Préférez-vous la scène ou le studio?
Je préfère toujours jouer ma musique sur scène. J’ai l’impression de tourner depuis des années en faisant des pauses pour enregistrer de nouvelles chansons.
Quel moment préférez-vous pendant la préparation d’un album?
Quand je crée les chansons. Quand je suis tout seul avec ma guitare comme un bateau sur l’océan, découvrant une nouvelle île de mots, un nouveau ciel de musique. Le moment semble tellement beau à ce moment là! Tout semble possible. J’entends des choses fantastiques dans ma tête. Et après, c’est si long pour les retrouver sur bande.
Quels styles de musiques ou artistes écoutez-vous en ce moment?
Ca dépend de mes sentiments et de mon humeur. Je change assez souvent. J’achète beaucoup de disques. Avant toutes choses, j’aime les musiques qui me surprennent, les musiques que je ne comprends pas la première fois que je les entends. Lalo Schifrin, Esquivel reviennent souvent dans mon lecteur de CD. Pendant une semaine complète, je peux uniquement écouter Jacques Brel, Suzanne Vega ou Brian Eno.
Une question stupide… quelle est votre chanson préférée?
Peut-être “Downtown” de Petula Clark parce que je l’aimais quand j’étais petit et maintenant, quand je l’écoute, je peux voir que c’est vraiment une bonne chanson, vraiment bien faite.
Que pensez-vous d’Internet en tant que compositeur et musicien?
Je pense que nous allons trouver une solution pour les questions de droits d’auteurs. Grâce à Internet et aux home studios, il est possible de diffuser la musique à l’étranger plus facilement. C’est le début d’une nouvelle ère pour nous. C’est très intéressant.
Utilisez-vous des ordinateurs ou un home studio pendant la préparation d’un titre ou d’un album?
Bien sûr. J’ai travaillé pendant des années avec quelqu’un qui avait ce type de matériel. Je n’avais pas envie de l’utiliser moi-même. C’était trop compliqué et trop cher. Comme je ne travaille plus avec lui, je me suis décidé à acheter un ordinateur pour préparer mon nouvel album. Les premiers jours ont été assez déprimants. Je ne savais pas ce que c’était que de travailler seul avec des machines… Je voulais tout jeter par la fenêtre, et moi avec! Après quelques semaines, c’était bon. Maintenant, je me sens plus indépendant et plus confiant avec mon travail car je le contrôle beaucoup mieux qu’avant.
Quels sont vos projets?
Un nouvel album sortira le 22 octobre. Je vais commencer une tournée en France en février 2003. Je serai en concert pendant 3 semaines dans un petit théâtre parisien qui s’appelle “l’Européen”. Je suis très enthousiaste.
Je vais aussi être en concert à Berlin (les 20-22 et 23 novembre) avec une chanteuse française qui s’appelle Corinne Douare. Elle vit à Berlin depuis 5 ans.
Je peux également venir jouer en Finlande si vous voulez! J’ai un répertoire pour mon accordéoniste et moi.









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Quand et comment a été créé le groupe?
Pourriez-vous nous dire comment avez-vous décidé de devenir musicien?
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